A la veille de la 7e édition du festival “Les Passeurs du réel” nous avons rencontré son créateur, Xavier Istasse, professeur à la Haute École Albert Jacquard. Il partage avec nous les coulisses de cet événement unique en Belgique.
Comment concevez-vous ce festival ?
Les Passeurs du réel, c’est comme un magazine de grands reportages. On y trouve la même diversité. Cette année, on vous emmène en Iran, au Pakistan, en Birmanie, aux États-Unis… il y a toujours une grande variété géographique et une profusion de thèmes. En venant au festival, vous pourrez rencontrer des réalisateurs, des documentaristes, des journalistes, des photographes, des podcasteurs, … des personnes qui, tous et toutes, rapportent du réel.
La rencontre, l’ADN de notre festival
Nous aurons cette année encore accès aux coulisses de reportages qui, parfois, sont aussi intéressantes que le sujet en lui-même. Ainsi Patrick Chauvel, correspondant de guerre en mission en Ukraine, nous a expliqué l’an dernier comment il faisait pour se rendre sur la ligne de front. C’est passionnant. Ce sont là des éléments qui ne sont pas racontés dans les médias pour lesquels ils/elles travaillent, mais la rencontre avec le public et les séances de questions/réponses permettent d’aborder ce genre de sujets.
La rencontre, c’est l’ADN de notre festival ! Nos invités parlent d’abord durant 30-40 minutes et se prêtent ensuite à un échange avec le public durant le même laps de temps. C’est toujours un moment très riche où des liens se créent.


Quelques conférences à épingler ?
Parmi les intervenants, je soulignerais la présence le mardi 10 à 20h00 de Fabrice Arfi qui est un orateur incroyable. Il nous emmènera dans les coulisses de ses enquêtes qui ont défrayé la chronique en France, ainsi que les procès qui s’en sont suivis. De nombreux éléments ne sont pas publiés dans le cadre de ses reportages, mais seront évoqués durant la conférence. Médiapart est l’un des organes de presse les plus fiables en France à l’heure actuelle.
La programmation des Passeurs rejoint directement l’actualité la plus brûlante avec l’intervention de Benjamin Brière, qui a passé 3 ans dans les prisons iraniennes. Il a écrit un livre au sujet de ses conditions de détention (« Azadi – 1079 jours otage en République islamique d’Iran », Azadi signifiant liberté en persan). Nous travaillons sur une soirée thématique consacrée à la situation en Iran.
Un festival aussi pour les jeunes
Nous souhaitons présenter des journalistes qui sont en première ligne à un jeune public, et lui montrer aussi qu’il existe une presse indépendante. Les jeunes sont des proies faciles pour certains grands groupes de presse qui font preuve d’une agressivité incroyable, ou pour des influenceurs, parfois d’extrême-droite, qui leur servent du contenu radical. Nous sommes là pour leur montrer qu’il y a d’autres sources d’information.
Consultez le programme 2026 du festival Les Passeurs du Réel