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©Rosano Agnese

À la rencontre de Florian Boutin, chorégraphe en résidence au Delta

Actualités

4 mars 2026

À l’approche d’une sortie de résidence pour la présentation de son tout premier spectacle KêR (qui signifie « chez soi » en breton) , nous avons rencontré Florian Boutin, chorégraphe et danseur aujourd’hui installé à Bruxelles. Ancien architecte formé en France, il a suivi une formation en danse au Québec avant de rejoindre la Belgique. Il nous ouvre les coulisses d’un processus de création riche, sensible et traversé par l’image.

L’artiste

« Définir mon univers artistique, c’est compliqué », sourit-il.

« Je crois que je pars toujours de l’image. J’essaie de créer des espaces poétiques, des sortes de paysages auxquels les corps viennent donner vie. »

Passé par un conservatoire en horaires aménagés dès l’enfance, il grandit entre ateliers chorégraphiques, formations techniques et premières créations. Pendant plusieurs années pourtant, c’est un autre art qui occupe le devant de la scène : l’architecture. Diplômé et brièvement pratiquant à Paris, il renoue avec la danse en rejoignant un projet amateur dirigé par Yvann Alexandre, un chorégraphe nantais. « L’École de danse de Québec faisait passer des auditions. Je me suis dit : c’est maintenant ou jamais. J’y suis allé… et j’ai été pris. »

Après un an et demi de formation au Canada, il atterrit en Belgique pour suivre le Certificat en danse et pratiques chorégraphiques porté par Charleroi danse, l’INSAS et La Cambre. Une année, celle du Covid, qui le mène définitivement vers la chorégraphie. Depuis, il multiplie les ateliers auprès d’enfants, ce qui nourrit aujourd’hui son envie d’adresser un spectacle « tout public à partir de 5 ans, vraiment pensé pour tout le monde ».

Le projet

Le spectacle KêR se déploie depuis deux ans, « d’abord dans la tête, puis sur les plateaux ». Cette pièce, profondément visuelle, explore la manière dont lumière, son et corps construisent un imaginaire en mouvement. Cette création tout public s’intéresse au sentiment d’habiter : habiter un lieu, un corps, un souvenir. Ici, Florian Boutin se pose une question simple et vertigineuse : c’est quoi, chez soi, quand on déménage souvent, qu’on grandit, qu’on voyage, qu’on fuit ou qu’on arrive dans un espace nouveau ?

KêR prend la forme d’un solo à deux corps : celui de l’artiste et celui d’une tente-maison-montagne en textile qui se déforme, se suspend, se transforme, devient peau, abri, paysage, foyer.

La résidence au Delta

« C’est un moment clé du processus », explique Florian Boutin. « Pour la première fois, on bénéficie d’un temps long et continu, avec toute l’équipe réunie : Elouise à la lumière, Clément au son, … et différents regards extérieurs qui viennent nourrir la pièce. » La résidence intervient au moment où la création de KêR entre dans sa dernière ligne droite : le lieu parfaitement équipé permet de rassembler lumière, son, matière textile et corps. « C’est ici que la pièce trouve progressivement sa forme finale », précise-t-il.

Au-delà de l’aspect technique, la résidence permet de s’immerger pleinement dans un autre environnement. « J’aime les résidences où l’on vit vraiment sur place, où l’on peut sortir de ses habitudes. Le Delta propose ça : un lieu équipé, trois semaines complètes, un hébergement qui permet de rester concentré sur la création. » Florian souligne aussi l’attrait de la ville : « Je ne connais pas Namur. Créer dans une ville nouvelle, ça ouvre quelque chose. Il y a une forme de magie à mêler découverte et création. »

L’énergie du Delta joue un rôle tout particulier. « C’est un espace hyper vivant. La terrasse est animée, il y a des expos, de la musique, de la danse, des résidences… Tout cela nourrit l’imaginaire et décloisonne. On sort un peu de nos bulles artistiques. » Enfin, la dimension technique était essentielle pour ce projet. « Je travaille beaucoup avec l’image et la lumière. Ici, tout est réuni pour que le travail prenne pleinement forme. »

La sortie de résidence


 « Je ne veux pas dire aux gens ce qu’ils doivent ressentir. Mais j’aimerais qu’ils vivent quelque chose. Un espace un peu onirique, un endroit qui transporte, qui questionne, où l’on voit des choses belles. Sans objectif imposé. Juste… vivre des émotions. »

Parce que KêR s’adresse autant aux enfants dès 5 ans qu’aux adultes, personne ne fera le même voyage. « C’est ça que je trouve magnifique : être ensemble, au même endroit, au même moment, et vivre chacun quelque chose de différent. »

Sortie de résidence prévue le 4 mars 2026.

Mise en scène, chorégraphie et interprétation > Florian Boutin
Création lumière > Elouise Royannais
Création sonore > Clément Braive
Assistanat à la mise en scène > Dounia Dolbec & Gaspar Schelck
Dramaturgie > Naama Fogiel
Diffusion > Lily Bombaert / Mo.Dul
Coproduction > Charleroi Danse
avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service Général de la Création Artistique – Service de la Danse
Soutiens > Pierre de Lune, Le Delta, Cie Nyash, La Montagne Magique